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Comprendre la toux

La toux est un réflexe de défense qui a pour fonction d’expulser tout corps (granulé, poussière, etc …) ou substance étrangère qui pénétrerait les voies respiratoires. Il s’agit donc d’un mécanisme normal et naturel mais qui, lorsqu’il est répété et/ou chronique, peut devenir source d’inconfort au repos ou d’intolérance à l’effort.

La contraction réflexe des muscles des voies respiratoires et des muscles intercostaux et diaphragmatiques responsables de la toux est provoquée par la stimulation de récepteurs localisés du larynx aux alvéoles pulmonaires. La toux peut donc avoir de multiples origines et il est intéressant pour orienter le diagnostic de repérer :

–        dans quelles circonstances elle est observée (environnement, rapport avec le travail, rapport avec la prise de nourriture, curage du box,…) ;

–        les autres symptômes pouvant y être  associés (fièvre, larmoiement, jetage nasal, anorexie, baisse de performances, saignement des nasaux,….) ;

–        les caractéristiques de la toux (épisodes isolés, quintes, sèche, grasse, productive,…).

Parmi les causes les plus fréquentes de toux, on note les infections bactériennes et virales des voies supérieures (pharyngite, laryngite, trachéite virales ou bactériennes), les inflammations bronchiques et pulmonaires non infectieuses (maladie inflammatoire des petites voies respiratoires, maladie obstructive récurrente des voies respiratoires ou « pousse »), les bronchopneumonies virales, bactériennes (parfois suite à des fausses déglutitions) ou fongiques, et enfin les pleuropneumonies ou pleurésies (atteinte des poumons et des plèvres qui les entourent).

Lors de la consultation, le vétérinaire recueille dans un premier temps le maximum  d’informations sur l’ancienneté, les caractéristiques de la toux et les traitements déjà mis en œuvre. Puis, il procède à l’évaluation de l’état général du cheval et de l’appareil respiratoire plus particulièrement : recherche de traces de jetage, évaluation de la sensibilité des ganglions et du larynx par palpation, observation de la courbe respiratoire (mouvements des flancs). L’auscultation de la trachée et des bronches nécessite une augmentation de l’amplitude des mouvements respiratoires, soit à l’aide d’un sac dans lequel on fait respirer le cheval, soit après un exercice. La présence de bruits anormaux mais également la tolérance du cheval et sa récupération sont évalués.

Pour affiner le diagnostic, plusieurs examens complémentaires sont souvent nécessaires. Le plus simple à mettre en œuvre est la prise de sang pour effectuer une numération de formule et ainsi mettre en évidence un phénomène infectieux actif, mais il existe de nombreuses causes de variations des résultats. Le second examen communément réalisé est l’endoscopie des voies aériennes (cavités nasales, pharynx, larynx, trachée) qui permet d’apprécier l’état d’inflammation de la muqueuse, la présence de mucus trachéal ou encore de saignements.

On peut également réaliser des prélèvements de liquide issu des voies respiratoires afin de procéder à leur analyse cytologique et/ou bactériologique. Ces prélèvements sont effectués dans la trachée par voie endoscopique ou à l’aiguille (lavage trachéal) ou plus profondément dans la partie terminale d’une bronche, généralement à l’aide d’une sonde en silicone à ballonnet (lavage broncho-alvéolaire).

Enfin, des radiographies du thorax ou encore une échographie pulmonaire sont parfois mises en œuvre.

La toux est une pathologie dont le traitement peut s’avérer délicat du fait de la forte implication des facteurs environnementaux difficiles à gérer, notamment au sein d’un effectif. Le traitement vise ainsi à supprimer la cause primaire et fait intervenir des mesures médicales et hygiéniques. Ces dernières sont particulièrement  importantes pour la gestion des toux inflammatoires non infectieuses. Ainsi, il est primordial de limiter l’exposition aux poussières, en plaçant le cheval dans un box aéré, en distribuant du foin mouillé ou encore en remplaçant la paille par des copeaux dépoussiéré ou une litière de lin. Les traitements médicaux peuvent quant à eux être administrés par voie générale ou par inhalation.

Enfin, en raison de l’importance des infections virales dans l’initiation de nombreuses affections respiratoires profondes, une vaccination régulière contre la grippe et la rhinopneumonie est fortement recommandée, en particulier sur les effectifs de chevaux jeunes, soumis à une activité sportive importante et/ou à des déplacements fréquents.