Ostéosynthèse
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Ostéosynthèse

Il est bien loin le temps où les fractures chez les chevaux ne se soignaient pas. Aujourd’hui, les fractures « simples » au niveau des phalanges et du canon se fixent avec un pronostic sportif excellent. Même si le traitement chirurgical des fractures reste un challenge chez le cheval en particulier au niveau des os longs, le développement des techniques d’ostéosynthèse et la qualité des implants disponibles a amélioré le pronostic.

Fractures des phalanges et du canon :

Les fractures de phalanges sont fréquentes chez le cheval et sont en général consécutives au choc du membre sur le sol lors d’un travail intensif ou lors d’une mise au paddock. Elles touchent tous les types de chevaux mais les fractures de la 1ère phalange sont plus fréquentes chez les chevaux de course, en particulier les galopeurs.

Le degré de déplacement et de comminution varie en fonction de l’intensité et de la répétition de l’impact.

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Les fractures de la 1ère et 3ème phalanges sont le plus souvent simples, les fractures de la 2ème phalange sont le plus souvent comminutives.

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Leur évaluation clinique est souvent évidente de par la douleur et la boiterie qu’elles engendrent, même si le diagnostic des fractures de la troisième phalange peut se révéler parfois plus subtile.

Les fractures du canon interviennent souvent au niveau du boulet, on parle de « fracture condylaire » latérale ou médiale. Dans de rare cas la fracture peut se réaliser à mi-hauteur du canon, on parle de fracture diaphysaire.

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L’examen radiographique permet en général un diagnostic définitif lors de fracture complète. Quatres vues au moins doivent être systématiquement réalisées. En cas de doute, il est souvent utile d’immobiliser le cheval et de renouveler l’examen radiographique 5 à 7 jours après l’examen immédiat. La scintigraphie permet parfois de lever un doute sur des fractures subtiles en particulier de la 3ème phalange ou des fractures de fatigue (« stress fracture ») de la 1ère phalange. Le Scanner et l’IRM permettent d’estimer la configuration de la fracture lors de fractures obliques, spiralées, ou multifragmentaires.

Le sabot confère en général une immobilisation immédiate satisfaisante mais les fractures des phalanges moyenne et proximale nécessitent une immobilisation immédiate sur place. Le pied doit impérativement être impliqué dans l’immobilisation.

Voir nos fiches pratiques :

1) Comment immobiliser le membre antérieur à l’aide d’un plâtre

2) Comment immobiliser le membre postérieur à l’aide d’une attelle

3) Comment réaliser un plâtre postérieur en alignement des corticales dorsales

En règle général, les fractures de la 3ème phalange sont gérées de manière conservatrice par mise en place d’un fer à caractère et les fractures des phalanges moyenne et proximale sont en général traitées par ostéosynthèse. Certaines fractures sagittales de la 3ème phalange peuvent être également traitées par mise en place de vis en compression.

Le pronostic vital des fractures est lié à la capacité du chirurgien à restaurer un appui franc et rapide, ceci afin de prévenir les complications de fourbure contro-latérale de surcharge. Lors de fractures simples de la première phalange par exemple, la mise en place de vis en compression au travers du trait de fracture permet de restaurer un appui immédiat. Lors de fractures comminutives, on peut utiliser des plaques permettant de stabiliser les fragments instables en les fixant à un os sain (arthrodèse 1-2 phalangienne lors de fractures comminutives de la 2ème phalange).

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On peut également reporter l’appui sur le canon par la mise en place d’un plâtre transfixant ou plâtre de marche, par exemple lors des fractures comminutives de la première phalange.

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Le pronostic sportif de ses fractures est lié à la restauration d’une congruence articulaire parfaite des articulations impliquées dans la fracture. Pour cela, l’utilisation de l’arthroscopie, de la fluoroscopie et la mise en place des implants de manière stratégique permettent d’optimiser le retour en course ou en compétition.

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Forage sous contrôle fluoroscopique

Fractures du carpe et du jarret :

Les fractures du carpe ou du jarret concernent le plus souvent les chevaux de course. Les fractures simples de l’os carpal 3 et de l’os central du tarse peuvent être fixées sous contrôle arthroscopique à l’aide d’une ou de deux vis.

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Vissage sous contrôle arthroscopie

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Lorsque la fracture concerne plusieurs os et/ou que la stabilité de l’articulation n’est pas conservée, on peut envisager une stabilisation en réalisant une arthrodèse. Cette intervention fixe définitivement l’articulation et dans ce cas, l’intervention a pour but de sauver le cheval pour une usage de loisir ou de reproduction.

Fracture du coude :

Les fractures du coude sont relativement communes et surviennent généralement au pré après un coup.

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Le cheval présente typiquement un coude qui tombe. Le traitement est souvent chirurgical avec la mise en place d’une plaque, cela permet de restaurer l’appui et d’éviter le développement d’arthrose.

Fracture du Tibia, Radius, Fémur, Humérus :

La réduction de ces fractures est beaucoup plus délicate en raison de la difficulté de l’accès à ces os, des charges importantes qu’ils subissent et de l’impossibilité d’immobiliser correctement le cheval pour le réveil. L’utilisation du hamac est souvent indiquée.

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La configuration de la fracture, le poids et le caractère du cheval sont des facteurs importants à prendre en compte pour envisager un traitement chirurgical.

Fracture de la tête et de la mâchoire :

Les fractures au niveau de la tête sont relativement fréquentes.

Lorsque la fracture concerne les sinus, le plus souvent un traitement conservatif peut être suffisant. Des lavages de sinus peuvent être indiqué pour éviter les sinusites.

L’ostéosynthèse peut être indiquée si la fracture intéresse l’arcade sourcilière ou la mâchoire.

Les fractures des mandibules concernent le plus souvent l’os incisif. Un cerclage est alors indiqué. Si le cheval est coopératif cela peut être réalisé debout. Lorsque la fracture concerne les barres ou la branche montante, une chirurgie plus compliquée avec mis en place de plaque est indiquée.

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Quelques cas cliniques particuliers:

Cas clinique de fracture du canon

Cas clinique de contracture tendineuse récidivante