Pathologies neurologiques
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Pathologies neurologiques

Les anomalies neurologiques chez le cheval restent relativement rares mais leur sévérité et les difficultés de leur traitement sont significativement plus importantes que dans les petites espèces en raison de la taille et de la dangerosité potentielle des animaux atteints.

Parmi les principaux syndromes neurologiques observables chez les équidés on peut distinguer

–        Les affections « médullaires » c’est à dire limitées à la moelle épinière, qui se traduisent par de l’incoordination (ataxie), de la faiblesse généralement plus marquée sur l’arrière-main, des paralysies, parfois de l’incontinence fécale ou urinaire, sans modification de conscience ou de comportement. Les causes possibles sont très variées et incluent les traumatismes (fractures vertébrale), infections virales (rhinopneumonie, West Nile, rage…) ou bactériennes, intoxications, malformations congénitales, dégénérescence liée à des carences, tumeurs vertébrales ou médullaires etc…
L’une des causes d’ataxie les plus fréquemment rencontrées est le syndrome de Wobbler ou « mal de chien » qui tient son nom de la position particulière en « chien assis » que peuvent prendre certain chevaux très atteints lorsqu’on les fait reculer. C’est une maladie de croissance dont les symptômes apparaissent généralement dans les 18 premiers mois de vie et sont liés à une ou des malformations des vertèbres cervicales qui compriment de façon plus ou moins sévère la moelle épinière.
–        Les troubles de la fonction cérébrale (encéphalites infectieuses, encéphalose hépatique ou toxique, traumatismes crâniens, tumeurs, hypoglycémie, épilepsie..) dans lesquels l’état de conscience, le comportement, les fonctions visuelles ou auditives peuvent être altérés.
Les symptômes dépendent de la partie du cerveau ou du tronc cérébral atteinte : agitation incontrôlable, crises convulsives, mouvements anormaux des yeux (nystagmus), tourner en rond, pousser au mur, abattement profond, asymétries de la face, troubles de la déglutition)

Les convulsions sont une des affections bien connues des poulains nouveau-nés ayant souffert d’hypoxie (défaut d’oxygénation) lors de la mise-bas ou in utéro, ou  lors de septicémie avec troubles de la glycémie.
–        Des anomalies plus localisées qui concernent essentiellement les nerfs périphériques soit au niveau d’un membre (boiterie avec défaut de soutien, paralysie), soit sur les nerfs crâniens (tête penchée, paralysie des lèvres, des paupières ou de la langue, difficultés de déglutition) soit encore au niveau des viscères (paralysie vésicale ou rectale). Là encore les causes possibles sont variées et incluent les abcès, tumeurs ou traumatismes sur les trajets des nerfs, les intoxications, les dégénérescences. Dans cette catégorie de syndromes peuvent être cités le « Harper » ou flexion excessive d’un ou des deux postérieurs  chaque foulée, le « shivering » spasticité et flexions mal contrôlées des postérieurs ou des 4 membres, le cornage lié à une atteinte du nerf laryngé dans l’encolure, les paralysies et troubles de déglutition liés à une atteinte de poche gutturale, ou encore le « Head shaking »,mouvements anormaux et violents de la tête liés en partie à une irritation des nerfs sensitifs de la face.

 

L’approche diagnostique des troubles neurologiques inclue toujours deux étapes :

–        La localisation des lésions par un examen clinique approfondi et des tests sensoriels ou moteurs. Une hospitalisation peut être nécessaire pour évaluer précisément des troubles intermittents comme les crises convulsives. La vidéo-surveillance peut se révéler un outil précieux dans ces cas.

 

–        La recherche de la cause, plus délicate, qui repose en grande partie sur l’historique d’apparition des troubles, la présence d’autres symptômes, des examens d’imagerie (endoscopie, radiographies, myélographie, scanner..) et de laboratoire (analyses de sang, prélèvement de liquide céphalo-rachidien).

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Ponction de LCR en région atlante-occipitale

 

Dans certains cas la cause des troubles ne peut être établie mais un traitement fondé sur les symptômes est toujours possible. Le plus souvent les soins consistent en l’administration d’anti-inflammatoires, de vitamines et sur la gestion des déficits neurologiques : soutien physique en cas de paralysie, nutrition à la sonde, vidanges vésicales, réhydratation par perfusion etc.

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Cheval dans un hamac

 

Le pronostic des maladies neurologiques est réservé dans une majorité de cas étant donné les difficultés matérielles et éthiques rencontrées sur les animaux dont l’équilibre, les fonctions motrices et le comportement sont très altérés. La cause des troubles lorsqu’elle est identifiable, la sévérité des symptômes et la réponse aux traitements dans les premiers jours sont souvent des éléments indicateurs essentiels des chances de survie.