Dentisterie
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Dentisterie

Les chevaux sont des herbivores et ont une dentition adaptée à leur régime alimentaire. Les incisives sont faites pour couper l’herbe et les molaires sont faites pour broyer les fibres. Une dentition complète est composée de 12 incisives (6 inférieures et 6 supérieures), de 4 canines (inconstantes chez la jument), de 12 à 14 prémolaires et de 12 molaires dont certaines présentent des racines dans les sinus. Comme l’homme, les chevaux ont deux dentitions dans leur vie, une dentition de poulain (dite déciduale) et une dentition d’adulte (dite définitive). Les dernières dents de lait ont fini de pousser vers 8 mois. Seules les incisives et les prémolaires ont des dents déciduales avant les dents d’adultes. Ces dents sont remplacées par les dents définitives à partir de 2 ans ½ et les chevaux ont une mâchoire d’adulte vers 5 ans.

 

L’exploration de la bouche devrait être une partie de l’examen annuel d’un cheval en raison des nombreuses affections dentaires existantes.

– Pendant le jeune âge, des problèmes de croissance Bec de perroquetpeuvent apparaître comme un « bec de perroquet » (la mâchoire supérieures est plus longue que la mâchoire inférieure). Le cas inverse existe mais est beaucoup plus rare. En cas de différence marquée, une correction chirurgicale est possible sur le poulain entre 3 et 8 mois.

 

– Pendant la période d’éruption dentaire, ou de la perte des dents de lait, des problèmes peuvent survenir et un examen annuel est recommandé de 2 à 5 ans. Cela devrait être fait avant le débourrage. Le vétérinaire recherchera la présence de coiffe ou « caps », dents molaires de lait présentes au dessus des prémolaires définitives.

En effet, la rétention de celles-ci peut perturber l’éruption correcte des dents définitives. On observe ainsi un gonflement au niveau de la ganache ou du chanfrein en regard de la racine de la dent définitive. Il est important de consulter si votre cheval présente des difficultés à manger à cette période afin de gérer un problème dentaire rapidement, car attendre trop longtemps peut augmenter la difficulté à le corriger.

 

 

 

– Des dents peuvent être présentes en avant des premières prémolaires définitives, essentiellement sur la mâchoire supérieure, celles-ci sont appelées « dents de loup ».

Il s’agit en réalité d’une première prémolaire vestigiale, absente chez la majorité des chevaux (la table dentaire commence par la prémolaire n°2).. La dent de loup peut rester sous la muqueuse gingivale ou avoir une éruption plus ou moins complète. Elle reste au stade décidual car il n’y a jamais de prémolaire n°1 définitive. Quand elle est volumineuse et occasionne une compression contre le mors (défenses, blessures à la face interne de la commissure des lèvres) elle peut être retirée sous simple sédation et anesthésie locale.

– Les canines en croissance sous la gencive au niveau des barres sont appelées « dents de cochon ». Elles peuvent occasionner une douleur lorsque le mors appuie dessus et il est alors indiqué de les retirer.
Anatomie machoire face Anatomie machoire profil

– Chez le cheval à l’âge adulte si celui-ci présente une bonne dentition, le râpage des dents peut être effectué tous les 2 ans. Il consiste principalement à aplanir les pointes des molaires et les tables dentaires afin de garder un équilibre occlusal correct.

En effet, un cheval en liberté passe une majorité de son temps à brouter, il use ainsi ses dents avec les minéraux du sol, ce qui ne se produit pas chez un cheval en box. Comme la mâchoire inférieure du cheval est plus étroite que la mâchoire supérieure, des pointes coupantes ou surdents peuvent se former contre la langue (mâchoire inférieure) et contre la gencive jugale (mâchoire supérieure). Cela peut rendre le cheval rétif lorsqu’il est monté des actions du mors.

Les caries sont le plus souvent retrouvées au niveau de l’infundibulum. Elles sont fréquence (l’incidence serait de plus de 50% à 100% chez les chevaux de plus de douze ans) mais asymptomatique dans un premier temps. Lors de l’éruption de la dent, l’activité des odonblastes est stoppée au niveau occlusal et bien souvent la formation de cément ne sera pas achevée. Des zones de vides sont alors présentes et les risques de caries sont augmenté. Le traitement de la carie suit un protocole identique à la dentisterie humaine : la cavité carieuse sera curetée et nettoyé puis comblée à l’aide d’un amalgame. En l’absence de traitement, une carie peut causer des fractures sagittales de la dent ou une atteinte pulpaire d’ou l’importance de réaliser un dépistage qui pourra s’effectue par buccoscopie ou examen direct au miroir.

Carie comblée par un composite
Carie infundibulaire
Carie curetée

                     

Les lésions carieuses périphériques sont souvent associées à la rétention de nourriture dans le sillon gingival et sont observé concomitamment avec une parodontite.

La maladie parodontale est un syndrome qui associe gingivite, parodontite, récession de l’os alvéolaire et caries sous gingivales périphériques. Elle est souvent associé à une douleur buccale modérée à sévère qui peut empêcher l’animal de se nourrir. Le facteur prédisposant à la parodontite est la séquestration alimentaire dans l’espace interdentaire ou diastème.

Si l’affection est découverte suffisamment tôt, le traitement consiste à retirer les fibres et à élargir le diastème à l’aide de fraise ou à le combler à l’aide d’une pate dentaire en fonction de sa conformation et de l’âge du cheval. Lorsque l’affection est tardive l’affection conduit à une déstabilisation et son extraction est alors nécessaire.

L’affection apical ou pulpite touchent communément les jeunes chevaux à un stade ou les foramen apicaux sont larges et perméables. Cela peut se manifester par une inflammation et une déformation des tissus de la face, un jetage nasal si cela touche une racine qui se trouvent dans un sinus. Le diagnostique peut être réalisé lors d’un examen buccale minutieux sous tranquillisation et par radiographie. Cependant la superposition des dents et des arcades rend l’interprétation des radiographies complexes et délicate. L’emploi du scanner est excellente indication. Le traitement conservateur par antibiothérapie n’est souvent que temporaire et l’extraction est communément le traitement de choix.

L’extraction dentaire est souvent difficile en raison de l’accès réduit du fait d’un crâne long, d’une ouverture buccale faible et, d’une couronne réduite et d’une longueur de dent enchâssé dans l’os souvent importante. Elle peut être effectué debout sous sédation et analgésie par blocs nerveux locaux. L’extraction par voie orale n’est pas toujours possible, on peut alors utiliser une technique par répulsion rétrograde mais n’est actuellement plus ou rarement recommandé car elle peut entraîner des complications importantes au niveau des sinus. La technique par buccotomie permet de garder intacte la plaque alvéolaire et prévient alors la contamination des sinus par les aliments. Cette technique est relativement invasive et une alternative mini-invasive a récemment été développée. Cette technique transbuccale combine l’extraction orale et la buccotomie. L’accès est créé à travers les tissus mous de la joue permettant d’introduire un pivot dans la dent pour faciliter l’extraction buccale.

 

Les chevaux âgés ont un risque augmenté de problème dentaire et il est important d’avoir suivi la dentition régulièrement afin de maintenir des tables dentaires bien planes jusqu’à un âge avancé.

Le syndrome de résorption odontoclastique des dents équine et hypercementose (EOTRH) est une affection douloureuse des incisives et des canines caractérisé par une périodontie et une parodontite, avec résorption et modification des tissus dentaires calcifiés qui touchent les chevaux âgés.

Après 20 ans, ils peuvent présenter une usure excessive des molaires et avoir des difficultés à mastiquer, il est alors important d’adapter leur alimentation. Toute dent manquante, usée ou cassée entraine une croissance excessive de la dent opposée par défaut de contact, ces surdents volumineuses doivent être râpées régulièrement.